Le sacrement du mariage, de plus en plus un choix personnel
Le sacrement du mariage, de plus en plus un choix personnel
Bien qu’elle a baissé de près de 10 % en dix ans, la part des couples qui dans le département, se marient devant un prêtre, demeure plus forte qu’au plan national. La motivation des candidats au mariage, elle, semble de plus en plus procéder d’un choix personnel.
Un peu plus d’un sur trois, au lieu d’un sur deux il y a encore dix ans. C’est à peu près la proportion de couples qui en Haute-Marne, désormais, se marient devant l’Église catholique. Le département, cependant, demeure quasiment dix points au-dessus de la tendance nationale. En 2000, encore 40 % des couples français s’étaient mariés à l’église, contre 31 % en 2009. Le caractère encore très rural de la Haute-Marne, donc plus enclin au respect des traditions, y est sans doute pour beaucoup dans cet écart. Mais constate Madeleine Stourm, le poids de la tradition, justement, semble « de moins en moins présent » dans le choix des futurs mariés de passer devant un prêtre. « Il y a encore dix ans, un certain nombre le faisaient encore pour faire plaisir à la grand mère », image la responsable des groupes de préparation au mariage pour le diocèse. « C’est de moins en moins le cas ». Recevoir le sacrement du mariage procéderait donc de plus en plus d’un choix personnel et d’un véritable acte de foi. En 21 ans de prêtrise, le curé de la paroisse Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Châteauvillain, Gérard Fusili, assure n’avoir rencontré « qu’une seule fois » le cas d’un couple « dont l’un des conjoints m’a dit qu’il n’avait pas la foi ». Encore que « la foi ne se mesure pas avec un thermomètre », observe Madeleine Stourm.
La plupart du temps, ce n’est pourtant pas la volonté d’assouvir leur foi qu’expriment les candidats au mariage religieux. En tout cas, pas tout de suite. « Au départ, témoigne le Père Fusili qui depuis deux ans, accompagne les groupes de préparation au mariage, ils parlent le plus souvent de « tradition » et disent qu’ils sont « communiés », sans forcément trouver les mots pour expliquer leur démarche ».
Déclencheur
Alors, depuis trois ans, Gérard Fusili tente de faire comprendre aux futurs mariés que s’ils désirent un mariage religieux, ça n’est pas forcément autant par tradition qu’ils le croient. « Je leur rappelle avec humour que concernant en particulier leur vie de couple il y a bien des domaines où ils ne suivent pas la tradition de leurs grands-parents ! », s’amuse le curé de Châteauvillain. « Alors, poursuit-il, je leur demande de réfléchir durant un mois pour revenir me dire exactement pourquoi ils sont venus voir un prêtre ». Il arrive alors que la parole se libère, « que vienne l’expression de la foi ». Un sentiment jusqu’alors ressenti mais dont la manifestation se trouvait contenue et que les préparatifs au mariage religieux, peuvent libérer. « Un jour, se souvient Gérard Fusili, la future mariée a fini par me dire « Je prie tous les jours » en pleurant. Son conjoint, a qui elle ne l’avait jamais dit, a lui aussi fondu en larmes en lui confiant que lui aussi priait tous les jours pour qu’ils soient heureux. Ils n’avaient jamais abordé la question de la foi ensemble ».
Pierre Donard
(Vous devez créer un compte et vous identifier pour laisser un commentaire).