• Mercredi 23 novembre 2011 à 20h19

Exclusif : un trésor monétaire découvert à Langres !

Le trésor découvert représente 41 kg d’argent et 1,5 kg d’or

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    Le trésor découvert représente 41 kg d’argent et 1,5 kg d’or

Près de 2 000 pièces d’or et d’argent ont été dernièrement découvertes dans les greniers de l’hôtel du Breuil, à l’occasion des travaux de la future Maison des Lumières. Partagé pour moitié entre l’ouvrier qui les a trouvées et la mairie, le magot remonte aux années 1790 et 1840.


Mille six cent trente-trois pièces d’argent et 319 autres en or : telle est la spectaculaire découverte faite mercredi 9 novembre par un ouvrier de l’entreprise Charpentier PM, dans les combles de l’hôtel du Breuil qui d’ici deux ans, doit devenir la “Maison des Lumières” consacrée à Denis Diderot. Le magot a été trouvé par un ouvrier haut-marnais affairé à purger une paroi en bois contre l’un des pignons de l’aile du XVIIIe siècle, actuellement en travaux. En réalité « une double paroi dans laquelle avait été aménagée une niche d’environ 60 cm de haut sur 40 de large », raconte Olivier Caumont, le directeur des Affaires culturelles de la Ville. C’est dans cette cache qu’est apparu, entassé dans les restes d’un sac en toile et quelquefois, enveloppé dans du papier journal, le formidable butin. Des pièces de monnaie qui hormis quelques exemplaires autrichiens et italiens, sont toutes françaises et selon les premiers examens, remontent aux années 1790 à 1840. Toutes possèdent une valeur faciale importante pour l’époque, allant de 5 à 20 francs. À coup sûr, le pactole a été constitué avec la volonté d’amasser « des monnaies de forte valeur et sur un temps important ». Rares sont en effet les monnaies françaises frappées durant cette période, absentes de ce qu’il convient d’appeler “le trésor du Breuil”. « On est en présence d’un exemple assez représentatif de thésaurisation de la part d’une grande famille bourgeoise de l’époque », analyse Olivier Caumont.

Car évidemment, le fait d’amasser un tel butin sur un demi-siècle, n’a pas pu être le fait d’un domestique, mais du propriétaire même de cet hôtel particulier bâti à la fin du XVIe siècle. Et tout porte à croire qu’il s’est agi de Jean-François Moreau du Breuil de Saint-Germain, ce Langrois né en 1774 et qui en 1820, a précisément racheté l’hôtel particulier auquel sa famille a donné son nom. Les archives attestent que ce noble émigré en 1791 pour échapper à la Révolution, est décédé dans cette même demeure en mars 1842. Or, les monnaies les plus récentes retrouvées dans les greniers du Breuil, remontent à 1840. Le sieur de Saint-Germain se serait donc endormi à jamais sans avoir le temps, la force ou peut-être même l’envie de dévoiler son secret…


Un échantillon exposé au public


Quant à savoir qui est propriétaire du trésor découvert, le Code civil est très clair. Personne ne pouvant en revendiquer la propriété, il devra être partagé pour moitié entre l’ouvrier qui l’a mis au jour (son inventeur) et la mairie, en tant que possesseur des murs. Cette dernière a en effet acquis l’hôtel du Breuil de Saint-Germain voilà trois ans et pour l’euro symbolique, auprès de la Société historique et archéologique de Langres. Ceci pour en permettre la rénovation. Avant que le partage n’ait lieu, il va d’abord falloir confier l’étude de l’ensemble à un numismate, de manière à documenter du mieux possible comment ce “bas de laine” a-t-il été amassé et quelles sont les émissions monétaires qui le constituent. « Cela prendra plusieurs mois », prévient Olivier Caumont. Ce n’est qu’à l’issue de cet examen que sera évaluée la valeur de l’ensemble en tenant compte, pour chaque pièce, de sa valeur métallique (le cours de son métal) ou numismatique (son prix sur le marché des collectionneurs). « Nous prendrons systématiquement celle la plus importante », précise Olivier Caumont, sachant quand même que la plupart des pièces découvertes ne sont pas particulièrement rares. Selon nos estimations, l’inventeur du trésor et la Ville pourraient empocher quelque 50 000 € chacun, au cas où ils choisissent de tout revendre aux cours actuels de l’argent et de l’or, ces derniers ayant atteint, on le sait, des sommets historiques. Du côté de la mairie, rien n’a encore été décidé sur ce point mais « la valeur patrimoniale de cette découverte fait qu’elle devra être évoquée dans le cadre de la Maison des Lumières », plaide Olivier Caumont en tant que Conservateur des musées de la Ville. Tout porte donc à croire qu’un échantillon représentatif de l’ensemble du trésor, y sera exposé au public. En ces temps de sobriété budgétaire, la découverte faite dans la pénombre des greniers du Breuil pourrait s’apparenter à un cadeau du ciel pour la Ville. Ce qui reviendra à la mairie ne représentera pourtant qu’une maigre part de ce qu’elle aura dépensé pour rouvrir les lieux au public. Sur les cinq millions d’euros que devrait coûter, au final, la Maison des Lumières, la commune en paiera en effet 20 %.


Pierre Donard

p. donard@voixdelahautemarne.fr


Photo : © Sylvain Riandet, service Patrimoine, Ville de Langres.


C’est dans cette cache, dissimulée par une double paroi en bois, qu’a été découvert le magot. © Sylvain Riandet, service Patrimoine, Ville de Langres.

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