•  DUBES Marie-Solange • Samedi 24 décembre 2011 à 18h14

Un art populaire lumineux

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Dans un pavillon de Cour-l’Évêque, téléphérique, calèche, Big Ben, piste de ski, bateau à vapeur, église anglicane, manège font bon ménage dans un inventaire à la Prévert “un brin english, made in china” ! Mais de quoi peut-il s’agir ? De l’expression d’une passion, d’un rêve d’enfant hérité d’une grand-mère elle-même passionnée de décorations de Noël. « Ma grand-mère m’a inoculé tout petit le virus des fleurs et des guirlandes », confie tout de go Jean-Christophe Douchet, 20 ans, jeune architecte d’un village de Noël miniature. « Les fleurs je souhaite en faire mon métier en préparant un Bac professionnel de gestion des milieux naturels à la Maison rurale de Buxières, quant aux décorations de Noël, elles sont pour moi un cadeau et un bonheur ». Toute la maisonnée en témoigne. A partir de 18 h, le jardin scintille, le salon clignote et le village miniature s’anime au sous-sol.

Un lourd investissement

« Derrière toutes ces décorations, il y a des heures de préparatifs et un investissement personnel et pécuniaire conséquent », poursuit Jean-Christophe en précisant : « Dans le jardin, j’ai installé 350 guirlandes reliées par 1,5 km de fils électriques avec un regret concernant la piètre qualité des leds (lampe de nouvelle génération) bien moins résistantes que les guirlandes lumineuses traditionnelles ». Le village quant à lui est posé sur un lit neigeux, une poudreuse de 15 kg de sucre… glace (bien entendu !) qui cache une minutieuse installation électrique et sonore sur laquelle repose un univers miniature. Megève, y côtoie Londres et le Mississippi au travers de figurines et saynètes importées de Chine. Jean-Christophe renoue peut-être ainsi, sans le dire, avec un art populaire rendu possible grâce à la mondialisation des échanges et au métissage des cultures.

Avec des initiatives comme celles de Jean-Christophe Douchet ou encore comme celles très spectaculaires de familles d’Arc-en-Barrois dans le quartier des Beaux Soleils (qui vaut le détour le soir venu tant il y a à s’émerveiller), on a le sentiment de voir émerger un art populaire appliqué au jeu des lumières, comme il existe un art naïf, un art singulier ou encore un arte povera (réalisé à partir de matériaux pauvres). On se plaît aussi à imaginer que d’autres villages de l’Aujon et de l’Aube se lancent à leur tour dans une aventure inventive de décorations et de lumières. On viendrait visiter les villages après avoir traversé des forêts enneigées comme on visite les vitrines des grands magasins, la fête des Lumières de Lyon ou le marché de Noël de Strasbourg ou de Montbéliard. La Haute-Marne livrerait sa part de féerie hivernale. En attendant à Cour-l’Évêque, Jean-Christophe, Guy Béguignot (le maire), Annie Thivet (adjointe), le Comité de Fêtes, les enfants et leurs parents fêtent Noël en passant de la crèche de l’église au village miniature dans une communauté d’esprit bien réconfortante.

Marie-Solange Dubès

Correspondante

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